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Histoire du Code de Déontologie (suite)
Des principes généraux se dégagent d´une rédaction qui a dû tenir compte de nombreux facteurs, sans pouvoir toujours respecter la simplicité souhaitable.
1) Le premier principe répond à la primauté de la personne (9). Il est affirmé dès l´article 2, de deux manières.
Tout d´abord le médecin est au service de l´individu avant d´être à celui de la santé publique. Les deux termes se suivent, ils seront souvent associés et la distinction ne doit pas être exagérée. Cependant leur ordre n´est pas indifférent. Il distingue en effet la France d´autres pays, notamment de tradition anglo-saxonne. Par exemple le premier code de l´American Medical Association (1847) affirmait : " Le premier objectif de la profession médicale est de rendre service à l´humanité, en respectant pleinement la dignité de l´homme et les droits des patients. " S´il y a conflit entre les intérêts de l´humanité et ceux de la personne, il importe de savoir lesquels a priori vont passer en premier. Cet ordre doit être d´autant plus souligné que la réflexion européenne évolue en suivant plutôt l´approche française, donnant la priorité à l´être humain. Ces remarques sont tempérées au cas où un individu fait peser une menace avérée sur la collectivité.
Dans un deuxième temps, l´article 2 insiste sur le respect de la vie humaine, de la personne et de sa dignité. Le respect de la vie n´est pas propre au médecin mais s´applique particulièrement à lui, sans être poussé à l´absurde (acharnement thérapeutique). Il en va de même du fameux principe Primum non nocere , car il n´y a pratiquement pas d´intervention médicale sans risque (l´effet placebo a pour contrepartie un effet nocebo) et le respecter trop scrupuleusement conduirait à l´inaction, elle-même dangereuse : ce souci doit donc être proportionné aux risques engendrés par la maladie, présente ou à venir. Toute mutilation est interdite. La " dignité " a été ajoutée par rapport au Code de 1979 ; on peut considérer qu´elle va de soi, impliquant des égards déjà soulignés par Hippocrate. Sans doute l´ " autonomie " aurait-elle eu plus de signification : ce sera peut-être pour le prochain Code... Le respect comporte de multiples termes, précisés à diverses reprises tout au long du code.
Une de ses manifestations les plus importantes tient dans le secret médical, affirmé dès Hippocrate, inscrit dans le Code pénal (1810) et devenu le secret professionnel dans le Code pénal entré en vigueur en 1994. Son importance persistante est attestée par l´avancement du premier article le concernant (en 1979 art. 11, désormais art. 4). Il est indispensable à l´exercice médical qui impose une confiance réciproque entre les deux participants du " colloque singulier " (expression de Georges Duhamel, 1935) ou de la " rencontre singulière " (expression de Paul Ricœur, 1996) : cette confiance est nécessaire à la confidence, le patient doit pouvoir confier les choses les plus intimes qui le concerne, ou le médecin y accéder - ce qui est indispensable à la qualité des soins - pourvu que l´un et l´autre sachent que rien n´en filtrera en dehors d´eux. C´est un secret partagé d´abord, naturellement, entre patient et médecin, puis éventuellement, selon les nécessités, avec pertinence et sans excès, avec d´autres soignants concourant au diagnostic ou au traitement.
Ce respect persiste à la mort du patient, en cas d´autopsie ou de prélèvement d´organe, comme pour le secret médical.
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