|
Histoire du Code de Déontologie (suite)
L´institution de l´Ordre des médecins, confirmée par l´ordonnance du 26 septembre 1945, a conduit à la rédaction du premier Code de déontologie publié le 28 juin 1947. Celui-ci n´a que peu innové, reprenant des principes traditionnels régissant la pratique médicale. Les nouveaux médecins prêtent le serment d´Hippocrate, ce dernier ayant déjà établi, il y a près de vingt-cinq siècles, des règles toujours valables : probité et dévouement du médecin qui doit préserver la vie, ne pas nuire, respecter les personnes malades, leurs intérêts, leur vie privée et le secret médical, être juste. Ces principes sont retrouvés, à quelques différences près, en Inde, dans les Lois de Manu, à peu près contemporain d´Hippocrate. Au XIIe siècle, le médecin de Cordoue, Maïmonide, reprend ces principes dans une " prière ", qui mérite d´être également connue, où il ajoute la compétence et l´amour de la science, en reconnaissant les limites et en exprimant le souci de la faire progresser.
Depuis Montaigne, l´individu s´est émancipé et il prime aujourd´hui la collectivité, du moins en France et dans un nombre croissant de pays : le médecin a pour mission de soigner une personne avant d´avoir à défendre la santé publique.
Par rapport au précédent, le présent Code accentue l´affirmation des droits des malades, la nécessité de les informer et de les protéger. Il prend en compte lélargissement du rôle du médecin, au-delà des soins traditionnels qui faisait parler de "ministère" dans le Code de 1947, pour promouvoir la santé publique; il reconnaît sa fonction de conseil, il insiste sur sa compétence et son entretien dans un contexte d´exercice moins libéral ou plus réglementé.
Cette nouvelle édition répond à divers soucis de forme et de fond :
- celui d´améliorer la rédaction des articles, en éliminant quelques obscurités ou redondances, et d´en remanier parfois l´ordre, pour mettre en relief les principes fondamentaux de la déontologie avant de les développer dans le cadre des différents modes d´exercice, ainsi que pour rapprocher les articles ayant un objet voisin ;
- celui d´intégrer apports de la jurisprudence et références aux législations nouvelles intervenus depuis 1979;
- celui de faire sa place au progrès scientifique et technique, notamment au développement de l´informatique;
- celui de tenir compte de l´évolution des pratiques professionnelles dans des domaines tels que la médecine de groupe, la médecine d´urgence, l´exercice salarié;
- celui de faire écho aux grands débats cotemporains de la bioéthique : transplantations d´organes, essais thérappeutiques, euthanasie, assistance médicale à la procréation, tests et manipulations génétiques.
|